vendredi 5 septembre 2008

Lunel, la Kabbale et l’Étoile


Par Madeleine Ribot-Vinas


La Kabbale dans le Languedoc et la Catalogne



Au Moyen-âge, la Catalogne et la Provence jouèrent un rôle fondamental dans le développement de la Kabbale. On connaît aujourd’hui assez précisément les maîtres qui y vécurent, leurs enseignements et leurs lieux de résidence. Les premières villes où apparurent ces premiers kabbalistes sont Lunel , Narbonne, Posquières (Vauvert), ainsi que Marseille, Arles et Toulouse. Par la suite, leurs disciples diffusèrent la pensée kabbalistique en Espagne, où elle s’installa dans des villes comme Gérone, Barcelone, Burgos et Tolède.

Au moyen-âge, les communautés juives du Languedoc, à l’abri des persécutions des croisades, s’épanouirent culturellement. L’étude de la Torah et du Talmud atteint un haut niveau à Marseille, Arles, Montpellier, Lunel, Béziers, Narbonne, Perpignan, Carcassonne et Toulouse. Narbonne accueilli de nombreuses générations d’érudits, à tel point qu’en hébreu Narbonne devint Ner Binah (La lampe de l’intelligence).

C'est à Lunel et à Posquières que s'est constitué le lien entre les courants qui se rejoignaient dans leurs penchants ascétiques comme dans la tentative d'édifier une doctrine mystique.

Le livre

Mettant ces pas dans ceux des anciens maîtres, Madeleine Ribot-Vinas nous fait parcourir les sentiers de la Kabbale dont Lunel et Posquières (Vauvert-Gard) nées de Narbonne furent les berceaux au XIIe siècle, avant de connaître un grand rayonnement en Espagne. À la convergence de savoirs multiséculaires, Lunel cité de la lune et du sel fut en ces temps un des fleurons de la Sagesse antique où alchimistes, physiciens (médecins) philosophes, traducteurs, poètes et grammairiens étudiaient au côté des Sages kabbalistes. De cette noble cité naquit l’université de Montpellier où étaient enseignées les sciences médicales et l’école talmudique et kabbaliste de Posquières. David Abraham ben David de Posquières, Isaac l’Aveugle et Yaakov Hanazir de Lunel furent de grands noms de la Kabbale, léguant à la postérité les premiers commentaires de cette Sagesse née aux origines du monde, venue s’épanouir sur la terre des troubadours de langue d’Oc.